Origine des documents

Documents : fonds patrimoniaux de la Médiathèque et des Archives Municipales de Roubaix, et des Archives Départementales du Nord

mardi 23 août 2011

Album : les grandes figures de l'Exposition

Cette affiche créée pour la société de chemins de fer dit assez l’importance de l’exposition de Roubaix. Voici un panthéon des grands organisateurs et des grands visiteurs. 
 
L’architecte Victor Laloux ici portraituré par le peintre Jean Joseph Weerts, mena à bien la construction de l’hôtel de ville et conçut les plans de l’exposition internationale de Roubaix.

Deux grandes figures de l’exposition: Eugène Mathon, industriel, Président du Comité de l’Exposition Internationale de Roubaix, E-O Lami, publiciste, directeur général de l’Exposition…

Eugène Motte et Victor Champier. Le premier, Maire de Roubaix, voulut et promotionna l’exposition, le second, directeur de l’Ecole Nationale Supérieure des Arts et Industries Textiles, lui donna son caractère artistique. 
 
Pour mener à bien cette exposition dont voici le plan général, Victor Champier réussit à réunir nombre d’œuvres d’art prêtées par les villes du Nord et du Pas de Calais. 
 
 Voici une vue générale de l’exposition de Victor Champier dans la salle des fêtes de la rue de l’hospice. 
 
 Le grand hémicycle au bout de la galerie d’honneur de la salle des fêtes rehaussé par des tapisseries et des vitrines de céramiques lilloises. 
 
Le comité de l’exposition internationale au grand complet : en haut, Eugène Motte, maire de Roubaix, François Roussel Président de la Chambre de Commerce de Roubaix,Présidents d’Honneur. Au centre, Eugène Mathon Président de l’Exposition, entouré de Florent Carissimo, et d’Albert Prouvost, vice-Présidents. En bas, Edouard Roussel et Félix Chatteleyn, vice-Présidents, entourant Gilbert Sayet membre secrétaire.
 
Le 30 avril 1911, après avoir inauguré l’hôtel de ville, et après un banquet dans les locaux de la chambre de commerce, le ministre du Commerce, M. Massé, s’en va visiter l’exposition. Le voici à son arrivée sur les lieux accueilli par Eugène Motte, maire de Roubaix 
 
Le ministre et le maire effectuent la visite accompagnés par MM Mathon et Thivet, ce dernier secrétaire général de l’Exposition . On les voit ici dans l’hémicycle qui donne sur l’avenue des Palais.. 
 
Le 9 juillet 1911, c’est au tour du Président Armand Fallières de rendre visite à l’Exposition internationale de Roubaix. Arrivé à 9 heures et demie, il est accueilli comme il se doit par Eugène Motte à la gare de Roubaix, où il remet de nombreuses décoration
 
Armand Fallières fait ensuite à pied la visite de l’exposition avec les indications d’Eugène Motte, accompagné du Préfet Vincent et d’un grand nombre de personnalités. 
 
Le Président visite le pavillon argentin en compagnie du ministre du commerce, M. Couyba. Ils s’arrêteront notamment au stand des laines. 
 
Toujours guidé par Eugène Motte, le Président traverse le grand palais des Industries Textiles. On le voit ici s’adresser au Préfet du Nord, M.Vincent. 
 
Toujours à pied, le voici à la sortie du palais de l’économie, devancé par MM Motte et Mathon. Le Président visitera également l’hôpital de la Fraternité, à l’autre bout de Roubaix, avant de revenir à l’hôtel de ville. 
 
Voici la sortie du Président Fallières, après le banquet, sur le parvis de l’hôtel de ville, qu’il quitte à 15 heures 30 pour aller reprendre son train. 
 
L’inauguration du pavillon belge se déroule le 27 mai, en présence de MM.de Hemptinne, Président des exposants belges, Francotte ancien ministre belge du travail, Eugène Mathon Président du comité de l’Exposition, et Duquenne de la Vivelle, commissaire général de la Belgique de gauche à droite sur la photo. 
 
Le Samedi 10 juin a lieu l’inauguration de la section italienne en présence de M. Macchi consul d’Italie, du comte Sabini, attaché commercial à l’ambassade, et un grand nombre de journalistes de quotidiens italiens. On voit ici le couple Macchi entouré par Eugène Mathon et le Comte Sabini. 
 
Terminons avec la semaine anglaise, qui fut organisée du 23 au 28 septembre. Le comité anglais de l’entente cordiale et commerciale anglaise vient visiter l’Exposition. On voit ici l’arrivée du Lordmaire de Canterbury, Bennet Goldney, membre du Parlement, accueilli sur le parvis de l’hôtel de ville par le maire de Roubaix Eugène Motte.

lundi 15 août 2011

Album : Roubaix ville de sports


Le stadium de l’exposition se trouve derrière le Palais des Industries Diverses. Il est inauguré le dimanche 7 mai. On y prévoit les activités suivantes : football, cyclisme, gymnastique, course à pied, boxe, lutte, automobilisme, poids et haltères… Le football ouvre le spectacle avec la demi finale du championnat de France militaire. L’équipe du 43e régiment de Lille, bat le 23e bataillon de chasseurs alpins par 13 buts à 0 ! Puis l’équipe du Nord bat l’équipe du Pays de Galles par 3 buts à 1.

Les séances du congrès de préparation militaire se sont déroulées à l’hôtel de ville, suivies par  la réception par la municipalité, et une retraite aux flambeaux sur la Grand Place. Les fêtes se poursuivent avec un grand cortège qui se termine au stadium, le 21  mai 1911. 
 
Après le défilé des différentes sociétés, c’est l’arrivée des officiels auxquels s’est joint le sénateur Charles Debierre, le tout aux accents de la Marseillaise.
 
Il est ensuite procédé à la remise du drapeau de l’Union des sociétés de préparation militaire aux sociétés roubaisiennes. Le Président de l’Union Adolphe Chéron prononce une allocution de le remettre au Président organisateur du congrès, Charles de Lauwereyns.
 
Après les traditionnelles remises de décorations, le défilé officiel des sociétés commence, qui fait l’objet d’un concours. La société La Roubaisienne y participe et sera récompensée pour la qualité de sa prestation.
  
A deux pas du stadium, des concours internationaux de combats de coqs sont régulièrement organisés, dans la vaste salle de l’horticulture. Ces tournois, très prisés des parieurs, attirent beaucoup de monde. 
 
Le 26 mai 1911, le 2e Paris Roubaix indépendant recueille 355 engagements. C’est le second de l’an dernier qui gagne : le lavallois René Guénot remporte un sprint à deux après plus de 230 kilomètres de course ! 
 
Le Racing club de Roubaix multiple champion de France sera honoré lors de l’Exposition. Une sélection Racing club de Roubaix et Stade Roubaisien affronte une sélection anglaise qu’elle bat par 1 à 0. Le Racingmen Raymond Dubly participera également au tournoi international qui suit. 
 
Le 26 mai débute un tournoi international opposant l’équipe d’Angleterre, de Bohème et deux sélections françaises, l’équipe du Nord et l’équipe de France. La finale opposera les Anglais aux Tchèques qui l’emporteront par 2 à 1.
 
Le champ d’aviation créé par des sportsmen roubaisiens est inauguré le 4 juin. Il se situe sur les terrains de la ferme de Gourghemez, le long l’avenue des Villas. Exhibitions, meetings aériens, compétitions internationales, sont au programme. 
 
Roubaix accueille l’arrivée de la cinquième étape du circuit européen. Le 28 juin, venant de Bruxelles, Jules Védrines est le premier à se poser sur le champ d’aviation roubaisien. Il reçoit ici le bouquet de la victoire à sa descente de l’avion. Il devance André Beaumont futur vainqueur de l’épreuve et Roland Garros. 
 
Les exhibitions des premiers jours assurées par les aviateurs Béaud et Champel se poursuivent avec l’arrivée de nouveaux aviateurs. Les roubaisiens ont souvent levé la tête pour observer un spectacle inédit pour eux. 
 
Un grand nombre d’aviateurs suivants sont venus à Roubaix : Léon Bathiat, Marc Pourpe, Sadi Lecointe, mais aussi deux aviatrices célébres, Jane Herveux, élève de Louis Blériot et la belge Hélène Dutrieu, que l’on voit ici sur son Farman, en 1911.
 
Jane Herveu sera l’autre femme pilote de l’Exposition de Roubaix. L’élève de Blériot est aussi la grande rivale d’Hélène Dutrieu pour le prix Fémina. Mais le vent perturbera les meetings et entraînera plusieurs fois le report des vols. 
 
L’aviateur Marc Pourpe arrive début septembre à Roubaix. Il effectue plusieurs vols et casse même son avion sans être toutefois blessé. Il survolera la grand place de Roubaix lors de l’arrivée de la délégation anglaise à l’hôtel de ville, en l’honneur des visiteurs. 
 
Un grand tournoi d’escrime est organisé les 23 et 24 juillet . Il réunit de nombreux participants français et belges. La victoire revient au caporal Herpin, d’Arras. Un banquet au Restaurant français réunit les escrimeurs, présidé par le Général de Lartigues, représentant le ministre de la Guerre. 
 
En septembre 1911, se déroule le Paris Roubaix Omnium. Cette épreuve en deux étapes oppose des cyclistes, des cavaliers et des pédestrians (coureurs). Si à l’étape d’Amiens, les cyclistes sont les vainqueurs, la victoire finale revient à la jument Pauline, devant le coureur à pied Robert et le cycliste roubaisien Edgar Moreels.
 
Un tournoi olympique d’haltérophilie et de boxe permet à deux grands champions roubaisiens de se mettre en valeur : Jean Desruelles champion du monde de boxe, et Louis Vasseur recordman du monde d’haltérophilie. Tous deux seront honorés dans le palmarès de l’exposition.
 

lundi 8 août 2011

Album : le village sénégalais


Les roubaisiens connaissaient déjà l’Afrique noire, si l’on peut dire, avec les cavalcades et les savons du Congo de Victor Vaissier. Mais l’attraction qui leur est proposée est différente, après les nègres d’opérette, voici l’africain en chair et en os.

Arrivés par bateau de Dakar, puis en chemin de fer du Havre jusqu’à Roubaix, enfin en tramways spéciaux au Parc de Barbieux, les cent quinze indigènes d’Afrique Occidentale emmenés par leur chef Mamadou Seck s’installent le 2 mai dans le village provisoire de planches ornées de palmes qui leur est affecté pour six mois. 
 
 
Aimé Bouvier, leur directeur imprésario, s’est fait une grande réputation de fournisseur d’indigènes pour les expositions. Les Sénégalais ont déjà été exhibés à Reims, Arras, Amiens, Londres et Nancy. 
 
 
Le 6 mai a lieu l’inauguration du village sénégalais, que Gilbert Sayet, membre secrétaire de l’Exposition évoque de la manière suivante : il reproduisait, avec la plus grande exactitude, la vie et la forme d’un véritable village nègre des grandes possessions françaises de l’Afrique Occidentale.  
 
 
Après une visite de Roubaix en landau qui fit sensation, les sénégalais ont réintégré leurs cases et offrent au public roubaisien l’image d’un quotidien villageois qualifiée d’authentique par le Journal de Roubaix. Ici on voit les tisserands africains, à deux pas des Palais du Textile. 
 
 
Le village sénégalais présente des activités traditionnelles comme la cordonnerie. Le cordonnier Moussa Bore Bow recevra un diplôme de médaille de bronze dans le cadre du palmarès de l’Exposition. 
 
 
Tailleurs et brodeurs font partie de l’exhibition. Les tailleurs Dame Sar de Dakar et Yoro Sow de Gorée obtiendront figureront également au palmarès de l’Exposition. 
 
 
Les bijoutiers sont également présents. Trois d’entre eux, Niang, Thiam, Gueye, tous originaires de Gorée, figureront aussi au tableau des récompenses. 
 
 
Quelle est la fonction du dessinateur ? Sans doute retracer la vie du village…L’existence de cartes postales peintes à la main et vendues au public tendrait à le prouver. 
 
 
Les musiciens sont de Dakar. Ils jouent de la Kora, cet instrument à cordes constitué d'une calebasse, qui fait caisse de résonance, sur laquelle est fixé un manche central en bois de santal ou en acajou. Les 21 cordes sont réparties en deux rangées parallèles sur un chevalet. La Kora est l’apanage des griots, qui sont le miroir et la mémoire du peuple. 
 
 
Femmes et enfants ont ainsi vécu pendant toute la durée de l’exposition, plus de cinq mois,  dans l’espace qui leur est réservé, avec des conditions climatiques le plus souvent favorables. 
 
 
Après leur visite de Roubaix en landau, les africains sortiront peu. Ils participent toutefois au défilé du corso fleuri, dans l’enceinte de l’exposition, pour la touche exotique. 
 
 
Le couronnement du Roi Boup 1er sera une autre occasion pour les sénégalais de sortir de leur village et de déambuler dans les jardins de l’Exposition, suivis par une foule de curieux. 
 
 
Le chef des sénégalais s’appelle Mamadou Seck, et ce n’est pas sa première campagne européenne. Il est allé à Arras en 1904, à Liège en 1905, et plusieurs fois à Paris et à Londres.  Autre chef à gauche, de fiction celui-là, le roi Boup 1er, couronné à Roubaix le 21 septembre. Ce couronnement fait partie des attractions que propose le village sénégalais. C’est l’occasion d’une fête, pas forcément en accord avec les coutumes africaines…